mercredi 30 mars 2011

Apport de l'autre, apports à l'autre

Bon, je m'étais dis cet après midi, en discutant sur msn, que je ferai une entrée sur ce sujet de ce qu'il me semble qu'on peut apporter à l'autre, sur la solitude, la présence... Déjà un premier principe de base, on est fondamentalement seul. Seul avec sa conscience, seul avec soi, seul maitre à bord de soi-même, seul à ressentir ce qu'on ressent, seul à pouvoir faire face ou pas d'ailleurs à ses peurs, seul avec ses blessures, seul avec ses cicatrices... Le problème d'incommunicabilité des consciences, ou d'incommunicabilité des êtres pour prendre un terme un peu plus savant, qui nous renvoie à une sorte de solitude à laquelle quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, on sera tous confrontés tout au long de nos vies. Et tant mieux j'ai envie de dire, je n'ai pas envie d'avoir d'autres moi, un c'est déjà bien assez. Et puis je sais pas, j'aime pouvoir dire, c'est moi qui décide de ce que je fais, et puis trop de proximité à un moment, je n'aime pas ça non plus.

Cependant, et je dois dire que je trouve ça assez classe, même si ça parait incompatible, on peut communiquer des choses, on peut partager des choses, et assez paradoxalement, ne pas se sentir seul, être aidé par les autres, même si au final, on n'est souvent que le seul à vraiment s'aider.
Enfin, pas facile à exprimer, mais déjà et en rapport avec le message précédent, j'ai envie de dire qu'on ne peut pas vouloir le Bonheur de quelqu'un d'autre à son insu.
Mais ça n'empêche que l'on peut quand même apporter aux autres, une présence, un soutien, une aide, un réconfort... Même si on ne peut le sauver à sa place, on peut servir de révélateur, de choses que l'autre n'avait pas vu, ou de catalyseur. J'aime bien ce mot de catalyseur au niveau de l'aide qu'on peut apporter, ou d'élément déclencheur. De prise sur laquelle l'autre peut s'appuyer pour monter, sortir d'un puits. J'ai cette image, de quelqu'un au fond d'un trou, et de quelqu'un d'autre lui tendant la main.  Pour quelqu'un de triste. J'ai toujours cette image de voir un enfant triste assis dans son coin. Puis il y en a un autre, qui s'approche doucement, petit à petit, respectueusement, calmement, puis qui se pose juste à coté du précédent. Limite, qui l'entoure sans dire un mot. En silence, parce qu'il y a des moments où les mots sont inutiles. Puis, limite à un moment, qui dit une bêtise, qui offre une distraction, ou qui montre juste sa présence.  Et parfois, voir un sourire, faire son chemin chez le premier qui était triste. Il y a vraiment peu de choses qui me touchent autant que ce sourire, irrépressible qui vient. Cet espèce de sourire triste, parfois accompagné de larmes, mais ce sourire tellement beau, ce sourire tellement chargé d'émotion, puis le regard qui va avec, c'est juste purement magique. Cette espèce de marque de confiance réciproque. Cette autorisation à être soi. Et la reconnaissance visible. Cette autorisation aussi à venir regarder une blessure profonde. Mais c'est quelque chose qui est magique des deux cotés. Me rappelles quelques fois aussi avoir été de l'autre coté, et même si la blessure ne disparait pas, même si on est toujours triste quelque part, c'est tout d'un coup, être rassuré, ma blessure a bien été vue, elle a bien été entendue, on ne m'en veut pas pour elle, je n'ai plus besoin de dire : attention là ça peut faire mal. Plus besoin de rester nécessairement dans la tristesse. Oui, je peux passer par dessus. Et ce sourire qui sort, sans qu'on puisse l'arrêter. C'est limite chiant des fois, parce qu'on aimerait bien rester coincé dans sa merde, mais ça devient juste impossible. Et au final, c'est même pas la peine d'essayer de lutter. C'est comme si les dernières résistances venaient de se briser. Et on est juste entrainé vers la suite. On vient de lâcher une orange comme dirait C :D. Une manière de dire, et merde, cette défense, elle ne marche plus tout d'un coup, je n'en ai plus besoin. Mais en même temps, une libération du poids de cette défense. Un partage de ce poids. Et je crois que ce sont des choses qu'on peut apporter aux autres.

Tiens, ça me fait penser aussi à un truc qu'il va falloir que je mette en forme, sur les blocages, et ce que certain appellent l'excuse facile des psys, quand ils disent que le patient ne "veut" pas aller mieux, histoire des bénéfices secondaires... J'ai eu une image qui m'est venue tout à l'heure, en fait j'ai eu plusieurs images. Mais plus que bénéfices secondaires, je crois que quelque part, il est plus juste de parler des résistances, qui sont liées à autre chose, et qui sont plus fortes que la volonté. Ou par exemple si on est dans un schéma de fonctionnement depuis longtemps, c'est comme si une voiture était garée depuis trop longtemps à un endroit, et que du coup, la végétation s'était développée tout autour, et que pour sortir la voiture de l'endroit où elle est garée, il faut aussi virer ce qui la retient. Ou bien que le tyran intérieur, avait eu le temps de mettre en place toute une police, tout un tas de lois, qui maintenaient les choses dans un état stable, et parce que ça avait été le meilleur moyen de survie à une époque, et que du coup, après, il fallait reprendre toutes les lois, et vérifier si elles étaient toujours valables ou non, et ce qu'il fallait en faire, réévaluer la législation... Et c'est là aussi que l'apport des autres peut être important, pour justement pouvoir remettre à jour tout ça. A condition bien sur d'être d'accord pour regarder tout ça, parce que ça peut être douloureux, c'est le départ d'une situation relativement stable vers l'inconnu. D'une situation connue, maitrisée, vers quelque chose aux résultats incertains.

Bon, la suite une autre fois, il commence à être vraiment trop tard là.

mardi 29 mars 2011

La blessure du "je veux que tu sois heureux"/C'est pour ton bien/Ca te sera salutaire...

Si il y a bien une chose, qui a tendance à activer mes pires défenses, je crois que c'est celle là. Impliquant une réaction je pense souvent assez immédiate, quoique peut être un peu sournoise de ma part. Je crois que ça réveille en moi une blessure très profonde et très difficile à entendre, puisque comment entendre qu'on me fait mal, puisque c'est pour mon bien?? Il y a là une sorte de paradoxe, peu évident à voir. Et moi avec ma naïveté prêt à croire que c'est effectivement pour mon bien, prêt à laisser cette décision. Mais plus j'y pense, et plus je trouve que cette justification du "c'est pour ton bien", est une des plus violentes attaques qui soit, plus ça me semble être en cas de trop grande utilisation comme un pur et simple déni de l'autre en réalité, comment ça peut être un moyen de le bloquer, de l'enfermer, de transfert de la responsabilité de son propre bien être sur l'autre. En fait, je crois, que c'est du néant que je reviens. D'un monde où souffrir, être mal, être triste, ne pas être en forme, était un interdit à ne surtout pas franchir.
Je me rappelle encore de ce jour il y a à peu près un an, où ma mère est venue, qu'elle voulait chercher à m'aider pour je ne sais plus quoi. Et puis, j'en pouvais plus de cette attente que je sois bien. Et de lui avoir juste dit : "Et si j'ai envie d'être mal?". Et elle qui me répond "Si tu veux être mal, je m'en vais", avec une sorte de douleur, de violence, de blocage... Exactement la raison pour laquelle je ne le dis pas, exactement la raison, pour laquelle, je n'ai pas vraiment envie d'aller mal. Je le lui ai dit, puis finalement, on a passé l'après-midi à discuter de je ne sais plus quoi. Peu importe.
Mais c'est juste un exemple de ce que vouloir absolument le bonheur des gens, peut n'être en fait qu'une prison, qu'à vouloir que quelqu'un soit heureux, on peut lui faire mal. Si son propre bien dépend trop de celui des autres, ça veut dire qu'on leur fait porter la responsabilité de notre propre bien d'une certaine manière, ce qui ne me plait guère. Mais surtout cette impression d'une sorte de prise pour acquis que je veux être bien, ce qui est le cas en même temps, mais sans me laisser la liberté de savoir ce qui est le mieux pour moi. Avec en même temps, cette sorte d'"impunité", parce que "c'est pour mon bien", avec la possibilité derrière, si je ne suis pas d'accord de me dire que je ne veux pas mon bien, et donc quelque part, que je veux rendre l'autre malheureux... Ce qui est rarement mon objectif. Une sorte de manque de confiance en quelque sorte, en ma volonté d'être bien... D'absence de libre arbitre pour savoir ce qu'il me faut, d'interdiction de faire une connerie, de négation complète de moi-même. Le pire étant si je pouvais déjà avoir envie de faire la chose, où cela devient un peu comme si on voulait s'approprier ce que j'étais. Cette impression d'humiliation où on sait mieux que moi ce qu'il me faut, et où il semble que de toute façon, je suis incapable de faire quelque chose de bien si on ne vient pas me tenir la main... Inexistence, pas d'écoute, je ne suis donc rien...
Ça me fait penser à une discussion que j'ai eu cet après-midi avec ma mère, où elle parlait d'un livre de Boris Cyrulnik dans lequel on voyait évoluer les victimes d'un tremblement de terre. Et celles qui s'en sortaient le mieux, au final n'étaient ni celles qui étaient laissées à elles mêmes, ni celles qui étaient trop entourées et à qui on faisait tout, mais celles que l'on entourait, mais qu'on savait aussi laisser se débrouiller toutes seules, car elles pouvaient laisser parler leur capacité de résilience. Mais je crois qu'il va falloir que je lise des trucs de Cyrulnik, car il a l'air très penché sur ce concept de résilience, qui est à mon avis fondamental dans la nature humaine, et dans l'idée d'aller "bien". Car je crois en effet, qu'on peut se remettre d'énormément de choses, qu'on peut surmonter pas mal d'épreuves, et que si les erreurs sont nécessaires à la vie, savoir se relever est aussi quelque chose de très important, surtout si on en profite pour apprendre des choses.

dimanche 27 mars 2011

Meilleur des mondes citation 1

La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera, non pas dans le monde extérieur, mais dans l'âme et la chair des êtres humains.

La pluie qui tombe

Il y a des moments, j'aime la pluie. J'aime déjà l'orage, quelque soit le temps. Mais la pluie aussi, c'est quelque chose de classe, c'est la vie quelque part, l'eau qui tombe, ce besoin d'eau que nous avons, la voilà qui nous est donnée du ciel, la voilà qui vient purifier l'atmosphère, voilà l'odeur du dehors qui change, voilà les plantes, l'herbe qui peut enfin boire, voilà cette fraicheur qui fait du bien... Parfois, j'aime même juste me balader sous la pluie, la laisser me laver, la sentir qui me tombe dessus, puis voir tous les gens qui fuient cette pluie, et de juste aller me jeter en dessous, faire un gros fuck à tous les a priori sur la pluie, puis rentrer, se changer, limite prendre une douche bien chaude qui réchauffe, qui délasse, qui détend, qui redonne un peu de chaleur aux muscles stressés par le froid et l'humidité. Puis des fois, rentrer trempe, mais juste libéré en quelque sorte, ce bonheur de sentir l'eau, une sorte de communion avec la nature.
Pour ça que je rentrais en partie à pieds du boulot quelque soit le temps aussi, la pluie ne me gênait pas. Cette joie, de dire "ouais, il pleut, il vente, il neige... et alors?" Seul le froid, ou la peur de glisser sur la neige m'ont fait prendre le métro quelques fois. Mais c'est cool aussi de se balader sous la pluie, surtout quand on a un endroit chaud où rentrer pas loin. Et j'ai envie de dire que chacun des deux donne d'autant plus de valeur à l'autre qu'il existe.

Juste envie d'écrire 1

Je crois en fait, que c'est comme ça que je vais intituler les messages que je ne sais comment intituler. C'est le plus simple en fait.

Petit coup de blues ce soir, mais ça va mieux maintenant. Je voudrais déjà remercier une amie pour la discussion, le coup de teléphone, et ça de Régis de Sa Moreira je crois : "Qu'il la laisse simplement s'en aller relevait de son intelligence et non de sa connerie. elle avait besoin de ce départ. il ne pouvait qu'espérer qu'elle le trouve quelque part où il n'était pas."
D'ailleurs, ma chanson pourrie du jour qui m'est venue en tête, je ne sais comment, c'est ça. http://www.youtube.com/watch?v=-6g-Vh4vcD0&feature=autoplay&list=QL&index=1&playnext=20 (Par contre, je ne l'assume pas vraiment)

Pas encore vraiment commencé, le meilleur des mondes, mais je sens déjà que je vais beaucoup aimer ce livre. Déjà pour l'épigraphe je crois, que je vais retranscrire ici :
« Les utopies apparaissent bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?… Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »
C'est quelque chose qui me parle tellement. Il n'y a pas grand chose qui me rebute autant que de vouloir réaliser une utopie. Cette idée de vouloir partir d'un concept et de vouloir y accoler la réalité. De partir d'une idée aussi belle soit elle, et de croire qu'on pourra la faire venir dans le monde, et ainsi atteindre le "Bonheur". La recherche d'une certaine "immortalité"... ou comment se voiler la face. Il me semble tellement plus sensé, de partir de la réalité, de ce qui est, puis ensuite à la limite d'essayer de le modéliser à travers des idées, des concepts ou bien ne seraient-ce que des mots, j'ai envie de dire pourquoi pas, mais à conditions de ne pas oublier que ceux-ci ne sont qu'une transcription très très imparfaite de la réalité. Un modèle qu'on emploie, parce qu'il est pratique. Parce que ce qu'il crée, ce qu'il permet de faire est quand même intéressant, mais qui ne reste malgré tout qu'un modèle assez éloigné de la réalité. Tout comme en Physique, ou en Chimie, tous les modèles qui servent à calculer les choses, ont une utilité certaine mais ne constituent en aucun cas un gage de vérité, ou ne peut répondre à la question pourquoi c'est comme ça. Que ce n'est quelque part, qu'un empirisme parmi tant d'autres.
Par exemple, si les lois de la gravitation de Newton, ou même la relativité d'Einstein sont des avancées considérables, permettent d'anticiper ou d'expliquer tout un tas de phénomènes naturels, on n'a toujours pas de réponse à pourquoi la gravité? Pourquoi l'espace temps ne pourrait-il pas ne pas se déformer? On n'a toujours pas la moindre indication sur le sens des choses, toujours pas d'information sur la nature interne des choses, au fond, j'ai envie de dire que quelque part, on n'en sait toujours pas plus qu'aux époques antiques. Et probablement n'aurons nous jamais de réponses, tout du moins au cours de notre séjour sur cette Terre. Et que l'erreur à mon avis, serait de croire que parce qu'on a ces explications on connait les choses. Je ne pense pas que ce soit le cas. D'oublier qu'on n'a affaire qu'à des modèles, des abstractions, certes intéressantes, et permettant d'agir aussi dans le monde réel, mais qui ne constituent pas une connaissance de la réalité. (Note pour moi, faut absolument que je lise le réel et son double de Clément Rosset). Et tout ça pour en revenir au langage, aux mots, qui pour moi ne sont quelque part qu'une modélisation de ce qu'on est, de ce qu'on ressent, un outil bien imparfait, même si il a son charme. J'apprécie d'ailleurs pas mal l'ironie d'utiliser des mots pour essayer d'exprimer cela. Et c'est pour cela que je ne supporte pas la volonté de rendre réelle une Utopie, une Idée, car il me semble que quoiqu'on fasse, quoiqu'il arrive, on renie nécessairement une partie de la réalité (Et oui, je sais bien que de parler de la réalité, comme un concept, c'est s'éloigner de cette réalité justement).
Ce qui me ramène à quelque chose que j'ai énormément apprécié dans 1984 au delà de la fameuse critique des totalitarismes... dont je suis passé à peu près totalement à coté, si ce n'est au niveau du soi-disant arrêt de l'Histoire, de la pseudo-croyance en l'immortalité du parti, en l'éternité de Big Brother... Ce que j'ai adoré, c'était la puissance de la double pensée, de cette capacité qu'on peut avoir à faire des liens entre des choses apparemment contradictoires, (ahah, je viens de donner la main à mon chat), cette manière dont les contraires peuvent se marier entre eux en quelque sorte. Ou comment toutes les choses ont en elles leur propre fin j'ai envie de dire. Ou comment le coté éphémère de quelque chose peut lui donner sa valeur, alors que d'un autre coté, ça peut aussi lui en enlever. Il est vraiment étrange ce monde. A la fois, toujours le même et toujours changeant. Comment on peut oublier des choses, ou comment elles ne peuvent n'être présentes qu'au moment où on en a besoin, les utiliser en sachant qu'on en a besoin, puis j'ai pas envie de dire disparaitre, parce que je crois que chaque chose que l'on fait participe de notre construction.
Tiens, ça me fait passer à cette chanson de Shurik'n :
Mais quand même cette possibilité parfois aux choses à venir au devant de nous quand on en a besoin. Mais parfois c'est le contraire. Comme ce retour à Toulouse je crois.
Ça me fait du bien de rentrer, de quitter la pression de la région Parisienne, de "glander" un peu, enfin, glander pas tant que ça, parce que c'est pas non plus comme si je perdais mon temps. Mais de me retrouver dans cet endroit que je connais, sans pression, à juste faire les choses comme je le sens, à pouvoir, juste parfois sentir l'air, sentir le soleil sur ma peau, ressentir le monde quelque part. Enfin, c'est assez étrange, mais je sais que c'est quelque chose dont j'ai toujours eu besoin, de ces moments, où c'est comme si je pouvais tout d'un coup poser un fardeau, et juste laisser les sens ressentir. Un peu comme ce qui s'est passé samedi dernier quand je suis allé me poser quelques heures à coté de la Seine, ou ces moments à Fermat, où parfois (je ne m'en suis malheureusement rendu compte qu'à la fin), j'allais juste me poser au bord de la Garonne, et d'avoir le regard qui se fixe quelque part, d'avoir comme si les sens s'éveillaient, comme si je quittais le monde, mais qu'en même temps, j'étais connecté à ce qui m'entoure. Avec le cerveau qui à la fois s'arrête, et même temps, c'est un peu comme si il travaillait en arrière plan. Ces moments, où c'est comme si je sais pas, je me laissais juste aller à être quelque part, où c'est comme si je faisais la paix avec moi-même, où je m'arrête, je me pose. Ces moments si précieux, où je peux juste apprécier d'être en vie.
C'est étrange d'ailleurs, car en même temps que je me sens en vie, je me sens souvent mort en même temps. Encore un preuve de ces pseudos-contradiction. Plus je meurs quelque part, plus je suis en vie. Tellement l'impression d'être mort pour moi, cette capacité que j'ai à me réjouir de la joie des gens. C'est un cadeau formidable, une force pour se relancer assez incroyable, et en même temps un piège impitoyable, un moyen de s'oublier d'être nié, de retourner au néant, de se vider complètement, de ne plus exister par soi-même. Un putain de cadeau empoisonné. Et en même temps, une des plus belles choses en moi. Cette phrase de Frodon à la fin du Seigneur des Anneaux qui me vient parfois, ce :
"On nous a envoyé sauver la Comté Sam, et elle a été sauvée. Mais, pas pour moi..."
C'est probablement comme ça que je finirai, enfin je n'en sais rien, mais c'est une intuition que j'ai depuis un bon moment. Si c'est mon destin, c'est loin d'être le pire, mais je crois qu'il y a encore du chemin avant d'y arriver. Bon du coup, je suis reparti dans mes histoires à la con dans ma tête, je crois que je vais m'arrêter ici pour aujourd'hui.

samedi 26 mars 2011

Pagaille!!!

Non, ce n'est pas pour parler du bordel ambiant qui se déroule dans ma tête, mais pour parler de mon chat. Et Pagaille, c'est son nom. J'adore ce chat, il va bientôt mourir, déjà 15 ans, ça fait quelques fois qu'à chaque fois que je redescends, je me demande si c'est la dernière fois que je le vois. Là il est en train de dormir sur mon sac à coté de moi, en train de ronronner. C'est cool, à chaque fois que je redescends, il passe son temps dans ma chambre. C'est assez étrange comment il est entré dans ma vie. Je me rappelle, je devais être en CM2 ou en sixième, c'était les vacances de Toussaint, et mes cousines avaient eu un chat depuis environ un an. Ma mère avait eu des chats quand elle était avec mes sœurs, elle m'avait raconté des histoires de ces chats, mais pour nous il n'avait jamais été question d'en avoir. Je me rappelle aussi de la peur que j'avais des animaux, à ne jamais oser les approcher ni les toucher. Puis on était allés chez des amis de mes parents, qui avaient deux petits chats de 4-5 mois. Et donc avec Pagaille, je sais pas, c'est un peu étrange, mais quelque part il n'avait pas peur, j'ai appris à le connaitre petit à petit. Appris petit à petit à avoir moins peur des animaux. Et maintenant, il parait que je suis un aimant à chat. Mais, j'aime les chats. J'aime les caresser. J'aime les entendre ronronner. J'aime à la fois leur indépendance, et affection. Cette sorte de présence qu'ils sont capables d'apporter. Bon, il est un peu chiant quand il vient gratter à la porte de ma chambre le matin, me réveiller, mais je suis content de lui ouvrir. Plus jeune il venait sur mon lit, mais plus maintenant, plus trop. Mais, c'est étrange, quand je suis là, c'est toujours avec moi que ma mère lui met l'anti-puce, ce qui est quand même une épreuve non négligeable. Puis cette manière qu'il a quand je ne suis pas très bien, de juste venir me trouver, se laisser caresser, m'indiquer qu'il est là. Je lui ai parlé plus d'une fois, souvent eu l'impression que d'une certaine manière il me comprenait. Ça doit être quelque chose, comme cette paix qu'on aime bien avoir tous les deux, puis son amour des endroits assez insolites où il arrive à être calme. Une fois dans l'évier de la cuisine, sur le baby-foot... Toujours des trucs imprévus. Mais je crois que si je devais me réincarner, ce serait en chat. J'aime bien à la fois ce coté solitaire, et affectueux à leur manière qu'ils ont. Et donc, Pagaille, mon petit chat, fallait bien que j'écrive un truc pour toi. Je t'ai remis dehors là. Je me rappelle de quelques fois, où tu es venus sur mes genoux, ce qui est quand même assez rare chez toi, pour y rester un très long moment. Cette avidité parfois pour manger les croquettes, ces petites "fugues" que tu as faites, où finalement, on te laissait un, deux mois à un endroit, parce que tu n'étais pas là au moment de partir. De ce que ta chambre préférée, quoi qu'on en dise, ça restera la mienne :D J'ai rarement eu à t'engueuler au final, puis t'étais quand même paisible comme chat. Puis, ça me fait du bien de te retrouver, tant que tu es là, j'en profite :).

vendredi 25 mars 2011

Big Brother

Ne mettrait-on pas aussi en évidence dans ce livre la puissance du syndrome de Stockholm? Va falloir que je réflechisse à tout ça tiens.

1984

Bon, voilà, je viens juste de finir de lire 1984. J'adore ce livre. Il est juste génial. Je ne sais encore trop quoi penser de la fin. Enfin, si que remporter des victoires sur soi-même est quelque chose d'énorme. En fait je crois que c'est surtout ça qui est important dans le livre. Ainsi que toute la réflexion qui y est faite sur le relativisme, sur la dualité de l'ensemble des différents concepts, et sur les manières possibles de renverser ces dualités, ces contradictions... Sur l'importance de la conversion aussi en quoi il rejoint Saint Exupéry. Là où je suis moins sur par contre, c'est déjà sur les réactions face à la douleur, et au stress, notamment dans la chambre 101, mais après tout pourquoi pas, je ne sais pas vraiment quel niveau de douleur on peut supporter. Ce que je comprends moins par contre, c'est cette espèce d'impossibilité qui semble arriver entre Julia et Winston à la fin. Car malgré la trahison réciproque, il me semble que l'acte d'amour énorme est justement, le pardon réciproque. Et que cette "volonté de mettre l'autre à sa place" sur le coup, est justement un bienfait pour la relation quelque part, qui même si il fait très mal, peut être humiliant etc... et comme dans tout le reste du livre quelque part, c'est aussi le moment où l'on se retrouve, le moment où l'on accepte d'être, le "tu es" en quelque sorte. Et je crois que c'est justement l'une des choses les plus importantes dans une relation que d'être capable de dire aussi "je suis" et "tu es", que c'est un acte d'amour même s'il parait mettre à distance. Et que si on peut conjuguer ces deux là avec un nous aussi un peu, c'est quand même assez classe, même si ce "nous" me parait toujours quelque peu étrange. Je pense que j'aurai d'autres choses à dire là-dessus, mais pas maintenant, il va falloir que ce livre mature un peu dans ma tête, puis va falloir que j'enchaine avec le meilleur des mondes. En tout cas, très content de l'avoir lu, et quelque part, c'est bizarre, je n'ai pas eu cette sensation d'oppression dont pas mal de monde m'avait parlé.

Sinon, je n'ai rien écrit ici hier justement parce que je lisais... On ne divulguera pas l'heure de coucher, et du coup ce soir encore c'est encore assez scandaleux, mais bon, faut bien profiter des vacances aussi. Sinon, quel bonheur (même si je n'aime pas ce mot) de rentrer chez soi. De retrouver ce pays que je connais, d'aller faire des tours sous un soleil bien présent sur des routes que je connais par cœur (même si cela implique de rouler un peu au dessus des limitations), de conduire tout seul, une cigarette à la bouche, la radio en marche... Puis je me suis fait un petit plaisir hier soir aussi. Je suis repassé par la fac, et notamment les coteaux de Pech David. J'adore cette petite route qui monte, et surtout en revenant de Paul Sab, la nuit, la vue que l'on a sur Toulouse éclairé, de voir toutes ces lumières dans la nuit, puis les étoiles au dessus. Puis l'odeur du printemps avec la fenêtre ouverte, l'odeur de la région. C'est fou d'ailleurs cette odeur, ça me le fait à chaque fois que je redescends en voiture, en arrivant en midi-pyrénées, l'odeur change. Cette sorte de "je rentre chez moi". C'est vraiment trop classe. Ca me fait penser au premier chapitre de la lettre à un otage d'Antoine de Saint Exupéry. Pfff, encore un de ces trucs, c'est quand même magique, ce qu'il écrit, cette importance d'avoir un chez-soi, d'avoir un endroit où retourner... Tiens ça me fait penser à un truc : "Nous nous découvrons vite des amis qui nous aident. Nous méritons lentement ceux qui exigent d’être aidés." Va falloir que je médite encore cette phrase tiens.
Sinon hier très bon repas, avec deux amis, ça m'a fait très plaisir, puis ça faisait un moment que je ne les avais pas vu, surtout pour un d'ailleurs, puis le plaisir d'aller faire un tour sur la place du Cap', le petit tour à la daurade, même si j'aurais aimé me rapprocher un peu plus de la Garonne, puis retrouver ces endroits que j'ai connus, faire un petit pèlerinage en disant bonjour à la fac, à Fermat, aux routes que j'ai énormément empruntées, cette sensation par moment d'être juste moi. Le plaisir du dépassement inutile mais de sentir que la voiture répondait...
Sinon aujourd'hui à part la lecture, petit repas au resto (encore me dira-t-on, mais c'est bon, j'ai besoin de reprendre un peu de poids), coup de téléphone de Thales pour voir quand je commençais, puis un petit tour chez le coiffeur, histoire de faire quelques soins aux cheveux, et d'aérer un peu la coupe, parait que c'est plus classe comme ça.
Mais vraiment trop classe 1984, j'y reviens, j'y pensais en pause clope, cette réflexion sur la dualité de l'ensemble des concepts qu'on utilise tous les jours, j'adore ça. J'ai tellement l'impression en parlant, ou quand on part dans une argumentation... ce qui n'est pas dit est toujours au moins aussi important que ce qui l'est. Et que des fois, dire des choses c'est en cacher d'autres, c'est comme si on ne présentait qu'un coté d'une pyramide, et que du coup, on ne pouvait plus concevoir le reste. Il y a aussi ce coté idéaliste, de nous dire que les choses existent avant tout dans notre esprit, je suis assez d'accord avec ça. En tout cas, que pour quelqu'un, les choses n'existent que dans son esprit, ce qui ne veut à mon humble avis pas dire que rien n'existe en dehors. Cependant, il faut savoir en garder conscience. Et je pense que toutes les idéologies, sont tout simplement inapplicables. Ce que je me disais aussi, c'est que quelque part, ce qui était important, en tout cas mon but dans la vie, c'est surtout que celle-ci soit supportable. Après, qu'importe les émotions, les joies les peines, tant qu'on arrive à les supporter, les accepter sans qu'elles ne deviennent des obsessions, c'est à ce moment là qu'on est réellement libres. Enfin en tout cas, qu'on peut choisir en restant fidèle à soi-même, ce qui est quand même pour moi une des choses les plus importante. Essayer de se rester fidèle.
Enfin, je vais m'arrêter là, la fatigue arrive, et je feris bien de dormir.

mercredi 23 mars 2011

Bon en fait non

En fait non, je crois que T. c'était vraiment le bon choix, que c'était juste ma peur qui remontait, ma peur de faire comme d'habitude, de laisser tout se décider pour moi... Mais je crois que le CEA aurait quelque part été trop en retrait, trop mode glandouille, ptetre trop retomber dans mes travers. Remarque, c'est ptetre encore la même erreur que celle que j'ai faite quand je suis allé en prépa. Mais je sais pas, j'avais plutôt un bon feeling lundi matin, une fois sorti du bus pour aller signer, puis au pire, je pourrai toujours aussi me barrer avant la fin de la période d'essai.
Enfin, c'est déjà une bonne chose, premier contrat de travail, c'est une nouvelle vie qui commence quelque part. Un saut dans l'inconnu. C'est la fin de quelque chose, et quelque chose d'autre qui commence, c'est la vie quelque part. Je crois que c'est cette peur qu'on choisisse pour moi qui ressortait. Mais il faut que je sois honnête avec moi-même aussi, même si je n'ai pas vraiment l'esprit corporate, c'est quelque chose que j'avais vraiment envie de tenter à la base. En tout cas depuis ce dernier stage. Et puis c'est aussi quelque chose qu'il faut que je vive je pense, cette "rentrée dans la vie active", même si je pense que fondamentalement, ça ne changera rien. Comme toute ces choses qu'on présente comme des changements essentiels, et qui au final, ne sont pas si impressionnant que ça. Les changements les plus importants que j'ai connus sont dus plus à des illuminations intérieures (illumination à prendre au sens de Saint Exupéry dans pilote de guerre). C'est ça qui fait avancer, quand tout d'un coup on réalise quelque chose, qu'on découvre une nouvelle vision de ce que l'on est, et de comment le monde tourne.

Et quelque part, on pourra me dire ce que l'on veut, mais je suis persuadé que l'être humain, n'est vraiment pas si différent que ça des autres animaux. Toujours guidé avant tout par ces stimuli basiques que sont la joie, la douleur, la tristesse, la paix, la peur, la colère, l'empathie... qui sont mine de rien les informations de base pour l'apprentissage de la survie quelque soit l'espèce prise en compte. Mais toutes ces méthodes d'informations archaiques sont elles encore adaptées de nos jour?

Enfin, qu'importe les choses continuent de changer, je suis donc toujours en vie, et très très heureux d'avoir mangé avec C ce midi. Là je suis chez mes parents à Toulouse, mais qu'est-ce que ça fait du bien d'avoir quelqu'un qui me connait aussi bien. Et je sais pas, même si le lien qui nous unit  a changé de nature quelque part, de savoir qu'il est toujours là, toujours aussi présent, de se rappeler son existence, de savoir que ces moments ne sont absolument pas partis en fumée, de ne pas avoir peur des systèmes de défense l'un de l'autre, d'être capable d'en rire. De savoir que quelque soit le nom que l'on peut donner à ce qu'il y a entre nous, quelque soit le rapport d'éloignement, rapprochement... on sait, ce qu'il y a, même si ce n'est pas formulable en mots. D'avoir pu se donner des choses différentes, d'avoir pu apprendre l'un de l'autre... Enfin, je sais pas, il y a tellement de choses à en dire, c'était vraiment classe. Ce coté quelque part, on se fait du bien l'un à l'autre, et chacun de notre coté aussi en même temps.

Enfin une nouvelle vie qui va commencer, espérons qu'elle soit plus classe que l'ancienne, et tout cas je tenterai de faire en sorte qu'elle le soit, même si l'ancienne était aussi classe par certain cotés. Essayons de faire en sorte que ce que j'ai vécu ne serve pas à rien, et déjà ça sera pas si mal que ça ;)

lundi 21 mars 2011

Erreur stratégique?

C'est peut-être au CEA que j'aurai du aller.


Enfin, trop tard pour faire machine arrière maintenant.



Edit : qu'importe maintenant c'est signé, puis on verra bien ce que ça donnera. Au pire, je me barrerai.